assiette de saison de légumes

Un bouquet de pensées

Nous allons essayer dans cette section de porter notre attention sur le sujet complexe de l'alimentation, sur ce qu'elle peut apporter à notre organisme autrement que ce qui en est dit généralement, c'est-à-dire une source de nourriture, d'apports en éléments nutritifs, en plaisirs variés et abondants pour notre santé. Nous le soulignons encore une fois, rien de ce qui va suivre ne peut ouvrir un chemin sur les sommes d'une vérité. Les réflexions ouvertes ne s'appuient sur aucun fondement scientifique, de surcroît médical. Aussi, les idées sont à considérer avec une importance très relative. Juste un bouquet de pensées, voilà tout.

Lorsque nous faisons nos courses alimentaires dans les grandes surfaces ou les petits magasins, bio ou non, les petits commerces de proximités spécialisés dans une famille d'aliments (boulanger, boucher, fromager, torrefacteur, caviste, etc.), les coopératives et associations d'agriculteurs (AMAP notamment) ou autres lieux de ventes directes ou pas (livraisons), nous choississons des produits proposés et dont nous sommes habitués à leurs consommations, depuis plus ou moins de temps, de mois, d'années. Nous avons des habitudes alimentaires transmises par les filiations, les coutumes locales et ancestrales. C'est culturel et avec le temps, c'est même devenu cultuel. Chaque région du Monde, possède son catalogue d'aliments, le plus souvent issu des transformations de plantes cultivées par l'agriculture moderne. Nous avons développé des dépendances à ces produits et nous ne nous interrogeons que peu sur leurs origines, leurs modes de production et de fait leurs consommations. Nous n'avons pas de temps à consacrer à cela. Les divertissements, les voyages, les plaisirs mutiples, les addictions diverses de consommations phagocytent le peu de répit dans nos agendas surchargés. Nous n'avons pas de temps, nous ne prenons plus le temps pour questionner notre place dans l'existence. Notre rythme de vie contemporain chronophage nous stoppe net dans notre native curiosité animale. Nous ne réfléchissons tout simplement plus au sens de notre vie, à notre place au cœur de l'humanité, à notre position au sein des autres espèces vivantes. C'est un constat parmi tant d'autres. La durée de vie des vivants humains s'est allongée, les conditions sanitaires se sont améliorées dans certaines régions de la planète et en partie nous dit-on grâce aux progrès de la médecine et à l'alimentation — donc à l'agriculture, à l'agro-chimie et à l'agro-industrie moderne. Ceci est brandi comme une vérité en soi et peu contesté, voire contestable. Cela suffit à idéaliser notre réalité. Nous déléguons une confiance aveugle aux politiques gouvernementales régies par le pouvoir économique. Les producteurs produisent. Les conditionneurs conditionnent. Les distributeurs distribuent. Les sociétés capitalisent. Les actions explosent en bourse. Un grain de riz ou de blé est devenu une valeur spéculative sûre. Pendant que certains virtualisent le vivant, d'autres développent des accoutumances, des dépendances, des hyperphagies, développent des maladies liées à la surconsommation et la malnutrition. Et rien ne changera tant que nous serons l'objet d'une convoitise économique soutenue par l'autorité des instances politiques gouvernementales en place. Avec des si la planète accueillera dix, douze, quinze voire cinquante milliards d'individus… Où cela s'arrêtera-t-il ? Jusqu'où irons-nous dans l'acceptation de la perte de notre identité, effacée par la constance immuable de certains a engranger des bénéfices ? Nous n'attiserons pas plus dans les prochains chapitres les braises incandescentes qui brulent les doigts. Nous nous inclinerons seulement pour observer les particules élémentaires d'un autre langage, celui des Rêveries d'un promeneur solitaire. Quelle est la nature réelle d'un grain de blé ? Qu'est-il en son essence ? Que transmet-il, autre que la matière dont-il est constitué ? Ce sont ces genres de questionnements que nous irons explorer dans les sillons de texte qui suivront. Laissons-nous porter par l'imagination.

En ingérant un produit alimentaire, que consommons-nous réellement, concrêtement ? Prenons un produit au hasard sur les étalages. La contre étiquette nous renseigne sur le poids, sur une origine plus ou moins vague des produits (Union Européenne, Agriculture Biologique, Commerce Équitable, etc.), sur les ingrédients et leur provenance en partie, sur quelques éléments liés à la matière : valeurs nutritionnelles, glucides, lipides, protides, éventuellement sels minéraux, oligo-éléments, vitamines, composants chimiques, colorants ou autres… La diététique « Ensemble des règles d'hygiène alimentaire fondées sur l'étude du pouvoir calorifique et de la valeur nutritive des aliments, permettant d'établir le régime alimentaire approprié à chacun. » [source CNRTL] établit le fondement de ses principes sur l'objet de la matière (alimentaire). La médecine fait de même et il n'y a pas à discuter ce point de vue qui est bien, somme toute en soi une réalité expérimentale. À la Renaissance, les planches anatomiques de Léonard de VINCI détaillent les secrets enfouis de la chair. L'étude des corps se fait plus précise. Les disciplines se scindent et se spécialisent pour en arriver aujourd'hui à une multitude de sciences distinctes de notoriété alimentant un déterminisme fondé. Quelques alternatives émergent parfois et enrichissent le domaine scientifique ou exceptionnellement le supplante. Il n'est pas rare de nos jours comme au temps jadis de faire appel à des médecines douces ou dites alternatives. Revenons un peu en arrière et précisons qu'un aliment non composé, non élaboré est classé selon les mêmes critères. Ainsi un légume ou un fruit acheté sur un banc de marché pourrait si nous le souhaitions, bien avant d'être associé à un autre aliment ou partie d'aliment, être analysé avec minutie et distingué selon les mêmes classifications (glucides, lipides, protides, etc.). Ce sont des éléments indiscutables. Toutefois, un produit pris dans sa forme initiale, donc en tant qu'unité, semble ne pas être constitué exclusivement que de matière mais seulement en partie. Nous admettons bien volontairement depuis les avancées scientifiques des derniers siècles et dans de nombreux domaines qu'un objet quel qu'il soit est composé de molécules, agencement d'atomes donc ici encore de matière et que cette dernière peut également être encore dissociée en éléments plus simples (particules élémentaires) et encore, et encore… La seule limite étant technologique. Depuis Lavoisier (1743-1794) la matière n'arrête pas de s'effriter, repoussant ainsi l'observation dans le temps et l'espace. Cependant, l'étude de cette matière nous renseigne aussi sur les interactions entre les différents constituants élémentaires, les polarités, les ions, les attirances et répulsions, les cohésions, les covalences ou comme GŒTHE l'imaginait si poétiquement les affinités électives. Par conséquent, nous pouvons en déduire qu'un produit n'est pas composé exclusivement de matière. Nous pouvons considérer tout autant les relations intimes entre les différents éléments constitutifs de cette matière, les corpuscules, pour faire état d'un ensemble cohérent entre la matière et les infimes associations qui régissent ses cohésions. La fragile stabilité équilibrée d'une organisation comprenant la matière inépuisablement scindée d'une part et les alliances subtiles des particules d'autre part. Nous développerons ce point dans le paragraphe suivant. Et de là, nous pourrions imaginer un atome comme étant un organisme composé de matière et d'interactions polaires voire binaires se situant dans un environnement spécifique et qui aurait donc une attitude comportementale en rapport avec le contexte de son atmosphère « Ce qui environne quelqu'un ou quelque chose, ce qui s'en dégage (ambiance, impression, influence, etc.) » [source CNRTL]. En cela deux atomes d'une même saveur, d'une même propriété, d'une même charge élémentaire pourraient s'enrichir d'une histoire fondamentalement différente tout en conservant une native identité. Nous reviendrons et préciserons plus tard ce point car rien ne peut nous persuader par l'observation avec les moyens actuels dont nous disposons que deux atomes puissent avoir la même singularité malgré une identique ordonnance et par extension que deux molécules chimiques de même composition puissent être strictement similaires de par leurs histoires respectives, leurs environnements dans un espace contigu ou géographiquement différent. La vitamine C de l'ortie est-elle semblable à celle de l'orange ? Possèdent-elles les mêmes propriétés ? Une molécule synthétique peut-elle être substituée sans aléas à une molécule naturelle organique ? Quoiqu'il en soit, retenons pour l'instant qu'un aliment est bien composé de matière (glucides, lipides, protides, sels minéraux, oligo-éléments, viatmines, etc.) et de subtilités associatives entre les différentes composantes de cette matière.

Pour être plus explicite, saisissons-nous d'un légume ou d'un fruit. Une tomate par exemple. Cette tomate dans notre main, dans notre assiette est un fruit constitué d'une part subtile et singulière de glucides, lipides, protides, sels minéraux, oligo-éléments, vitamines… et n'oublions pas dans le cas présent, d'une proportion non négligeable d'eau. Nous reconnaissons ce fruit par sa forme et la couleur qui peut s'y apparenter. En effet, une tomate bleue pâle ou grise nous paraitraît suspecte, tout comme une tomate carrée, trapézoïdale ou effilée comme une courgette. Avant même de la porter à notre bouche, elle active déjà une référence en nous. Elle transmet par ses formes, ses couleurs, ses parfums… par ce qu'elle émet, par ce qu'elle extériorise un complexe d'informations. Ces dernières parviennent à notre système sensoriel, en l'occurence ici et pour l'instant seulement une partie visuelle, en nos rétines. Le système nerveux est sollicité et traite les informations qui lui sont parvenues. Alors, il se connecte à une base de données mémorielle où sont stockées et classées les formes, les couleurs et donc les objets référents. Ainsi, une tomate dans notre champ de vision est définie comme un fruit de forme plus ou moins ovoïde, de couleur rouge [1] (jaune, verte, noire…) faisant référence au fruit mentionné. Et en cela, notre organisme avant même d'avoir déclenché l'intention d'ingestion, se prépare, s'apprête, voire s'adapte à recevoir certains stimuli informatifs comme des proportionnalités entre sucré-salé, acide-amer, froid-chaud, humide-sec, mou-dur, doux-piquant, etc. Une boucle sensorielle est d'emblée présentée, appréhendant le concept Tomate avec l'amplitude possible de son lot de sensations. Une tomate dans la forme et la couleur référée ne sera jamais dure comme une pierre, ni sèche dans notre exemple. Le système nerveux prépare par conséquent l'organisme et particulièrement les cellules sensorielles à recevoir, à percevoir certaines informations du produit, quelles soient visuelles, gustatives, olfactives, kinesthésiques (tactiles), auditives ou autres. Une sorte de jeu d'assemblage, de modulation perceptives entre ce qui est transmis à l'organisme et ce qu'il en attend, entre les informations proposées et l'acquis mémoriel référent. Une déduction sensorielle. Dans le cas d'un étonnement l'organisme ira jusqu'à refuser le produit. Une tomate par exemple piquante, salée et à l'odeur très désagréable se verra interdire les portes de l'organisme. La notion de boucle énoncée ci-avant, peut être assimilée à une forme narcissique des sens en eux-mêmes. Ceux-ci s'attendent à être flattés, contentés dans le spectre perceptif miroité. Celui qui écrit par exemple adorait enfant le riz au lait de sa grand-mère. À chaque fois que cet entremet était proposé à sa gourmandise, un plaisir intense venait comme un palimpseste réécrire sur des surfaces déjà sensibilisées. Une sorte d'écriture sur une même écriture. Sans fin. Cela questionne la notion de plaisir. Nous mettons en évidence la complexité de cette réalité en abordant également le microbiote qui pousse l'organisme à aller vers un certain type d'aliment mais nous développerons cet aspect seulement dans une autre partie. Pour l'instant, gardons à l'esprit qu'une tomate dans notre assiette apporte des informations à notre organisme. Prenons une des informations qui nous parviennent, la couleur rouge par exemple. Elle vient frapper nos rétines. Nous percevons cette couleur. Nos cellules sensorielles situées sur les rétines captent la couleur, l'onde lumineuse rouge reflétée par le produit, par la matière de la tomate. Et pas seulement par la peau car lorsque nous coupons la tomate en deux l'intérieur est également de couleur rouge. L'onde lumineuse en ce cas précis ne pénètre pas la matière de la tomate dans son ensemble, elle est rejetée par elle, l'enveloppe et nous sommes absorbés par son rayonnement. C'est en cela que nous pouvons la percevoir rouge. En revanche les ondes lumineuses bleu et jaune traversent la matière et s'accouplent à elle, en une danse d'une certaine intensité. André NEHER dans L'Exil de la parole, du silence bliblique au silence d'Auschwitz, Paris, Éditions du Seuil, p.15 emprunte une très belle citation d'un auteur du XIIIe siècle « […] Lorsque les cordes de deux instruments sont véritablement ac-cordées, alors, il suffit que l'une vibre pour que l'autre se mette aussitôt à chanter ». Ainsi nous pouvons émettre l'hypothèse qu'un aliment quel qu'il soit n'est pas composé seulement de matière. Il intègre également des informations, notamment des couleurs, des ondes lumineuses et pour être plus précis des ondes électromagnétiques. Ceci est d'autant plus intéressant que nous savons depuis quelques décennies, voire dizaines de décennies que les molécules composant l'intimité même de nos cellules, les bases azotées formant les molécules d'A.D.N. dans le noyau cellulaire s'apparient grâce à des réactions électromagnétiques. Ce sont précisément ces charges électromagnétiques qui organisent le cœur nuptial de nos cellules, qui ordonnent l'étreinte spiralée et codante de nos cellules. Nous pourrions ici et maintenant, sans pour autant avoir une vérité à formuler, envisager qu'un aliment puisse véhiculer des informations et induire par les ondes électromagnétiques qui en émanent notamment, une dynamisation de certaines molécules par quelques uns des constituants, pouvant même aller jusqu'à ouvrir le chemin d'une mutation. Nous conseillons à ce point précis du développement la vision d'un documentaire de Henrik BOËTIUS, Marie-Louise LAURIDSEN et Marie-Louise LEFÈVRE, La lumière, l'obscurité et les couleurs [1998] inspiré du livre Traité des couleurs publié pour la première fois en 1810 par Johann Wolfgang von GŒTHE [2]. Qu'est-ce qu'une mutation ? Une mutation est une erreur survenue spontanément dans l'appariement des bases azotées. C'est-à-dire que le code génétique a été soit mal recopié, soit mal exprimé. Pour rester simple, l'erreur se produit parce qu'une base en remplace une autre dans la longue chaîne d'associations. Ces erreurs se produisent par des forces d'attractions relatives, des puissances électromagnétiques induites. Donc, certains élements ou certaines informations agissent dans la permutation des bases, perturbent l'agencement natif. Lorsqu'une base s'immisce à la place d'une autre, au lieu d'une autre, il y a possiblement une faiblesse ou à l'opposé une force supérieure agissante. Et en cela, nous pouvons nous questionner sur les raisons potentielles de ces relations universelles. Concluons ce paragraphe en précisant qu'un aliment contient une part de matière et une quantité non négligeable de charges électromagnétiques qui peuvent possiblement induire l'apparition de mutations. [En cours d'écriture…]

[1]https://fr.wikipedia.org/wiki/Rouge_jaune_bleu.
[2] Johann Wolfgang von GŒTHE (1749-1832) https://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Wolfgang_von_Goethe.
Johann Wolfgang von GŒTHE, Traité des couleurs, Paris, Éditions Triades, 1980 https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_des_couleurs.
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